Pour les Romains, le plus noble cépage de cuve — ou plutôt tout un groupe de cépages. Pline et Columelle placent les vignes aminéennes en tête de leurs catalogues et en dénombrent cinq sous-types ; c'est l'aminéen qui donnait le corps et la longue garde du falerne, le plus grand vin de l'Antiquité. Le nom viendrait d'un peuple ou d'un lieu ; les Anciens eux-mêmes restaient vagues.
Parce qu'« aminéen » recouvrait plusieurs vignes distinctes, toute tentative de l'identifier à un seul cépage moderne — on a proposé le greco, le fiano, la falanghina — s'effondre par sa propre logique, et aucun ADN ne le relie à un cépage vivant. C'est un nom documenté, jadis souverain, dont on ne peut plus nommer le porteur : l'aristocrate de la viticulture romaine, et un fantôme.