Un rouge bordelais perdu chez lui et discrètement vivant ailleurs. Le saint-macaire se cultivait jadis dans l'Entre-deux-Mers girondin ; au XXIe siècle, la France n'en comptait plus qu'une fraction d'hectare. Ce qui l'a sauvé, c'est l'émigration — emporté en Californie au XIXe siècle, il y survit parmi les vieilles variétés des « field blends » et sur la liste historique des cépages admis dans un rouge Meritage, avec quelques pieds jusqu'en Australie.
C'est la figure classique du cépage oublié : non éteint, mais exilé, s'accrochant loin du vignoble qui l'a nommé. Ses vins sont profondément colorés et fermes — souvenir rustique de ce que contenait autrefois l'assemblage bordelais.