Le géant caché de l'Espagne. Le bobal compte depuis des décennies parmi les cépages rouges les plus plantés du pays, tout en restant presque inconnu à l'étranger : pendant un siècle, sa récolte quittait le plateau d'Utiel-Requena anonymement — vin de coupe apprécié pour sa couleur, et concentré de raisin. Attesté dans la région depuis le XVe siècle, c'est une vigne faite pour les hautes terres : résistante à la sécheresse, débourrant tard après les gels, et si pigmentée que son jus coule sombre.
La revalorisation partit de ce que l'ère du vrac avait préservé par accident : de vieilles vignes en gobelet, cultivées en sec sur les hauteurs du plateau. Les vignerons en tirent désormais des rouges sombres et frais aux accents de myrtille, d'alcool modéré, et des rosés sérieux — un cheval de labour redécouvert comme une race à part.