Enfant du chenin blanc et du gouais blanc presque disparu, le colombard a grandi dans les Charentes et en Gascogne comme cépage de distillateur — acide, neutre, idéal pour le cognac et l'armagnac. À la fin du XXe siècle, il s'est découvert une seconde vocation : des blancs secs vifs et aromatiques, sur le pamplemousse, issus des Côtes de Gascogne, bon marché, joyeux et discrètement excellents.
L'acidité qui convient à l'alambic donne, en climat chaud, un vin de table rafraîchissant et sans bois, ce pourquoi la Californie et l'Afrique du Sud l'ont planté par hectares entiers pour leurs assemblages courants. Modeste de réputation, le colombard est de ces cépages de labeur dont le monde du vin ne saurait se passer.