Le nom se traduit, sans détour, par « noir acide », et le cépage tient promesse. Le xinomavro est indigène de la Macédoine grecque, chez lui sur les pentes du mont Vermio autour de Naoussa, dont l'appellation — créée en 1971 — demeure son expression définitive. Le vin est pâle, le tanin farouche, l'acidité inflexible, et sur le tout flotte un parfum étrange de tomate séchée, d'olive et de rose.
La comparaison qui vient à tout dégustateur est le nebbiolo, et elle est méritée : même pâleur trompeuse, même jeunesse austère, même lent épanouissement, sur des décennies, vers quelque chose d'éthéré. De vieux naoussa ont été pris pour de vieux barolos par des buveurs pourtant avertis — péril, et compliment, dont le cépage a appris à se réjouir.