Sur les pentes orientales du mont Vermion, terre de vin depuis l'Antiquité : ce coin de Macédoine porte la vigne d'aussi loin que remontent les archives, et sous les Ottomans la ville de Naoussa prospéra grâce au vin et au textile. La maison Boutari, fondée là en 1879, porta son nom à l'étranger quand la plupart des vins grecs restaient anonymes.
En 1971, Naoussa devint la première appellation grecque de vin rouge sec, bâtie tout entière sur un seul cépage — le xinomavro, le « noir acide », pâle de robe, farouche de tanin et d'acidité, qui se déploie sur des décennies en tomate, olive et fleurs séchées. La comparaison qui le suit partout — le « barolo de la Grèce » — dit moins l'imitation que la parenté : un cépage autochtone entêté, une ville de montagne, des vins qui exigent la patience.