Hongrois jusqu'en 1921, autrichien depuis : quand la frontière fut retracée après la Première Guerre mondiale, elle coupa en deux villages et vignobles, et la culture du vin y regarde encore des deux côtés. Son centre est le lac de Neusiedl, vaste nappe d'eau dépassant rarement deux mètres de fond, dont les brumes d'automne nourrissent la pourriture noble — le Ruster Ausbruch, grand liquoreux du lac, était prisé dans toute l'Europe dès le XVIIe siècle.
La même chaleur pannonienne qui confit les raisins liquoreux mûrit, sur les rives plus sèches et les collines de la Leitha, les meilleurs rouges d'Autriche. Au premier rang, le blaufränkisch, dont la revendication d'un berceau est ici la plus forte — épicé, aux fruits noirs, de plus en plus travaillé comme un cru, parcelle par parcelle, sur calcaire et schiste.