Le Burgenland est l'Autriche devenue pannonienne : autour du lac de Neusiedl, chaud et peu profond, des étés continentaux mûrissent ce que le reste du pays ne peut pas, et le blaufränkisch y devient le rouge sérieux de l'Autriche. Sa signature : le fer et le poivre blanc sur la cerise noire — un vin au sang froid né d'un lieu chaud — et sur les calcaires et schistes du Leithaberg, il gagne un tranchant et une salinité que les vignerons embouteillent par village et par parcelle.
Le cépage est un vieil Européen central ; de l'autre côté de la frontière hongroise, à quelques minutes, son jumeau kékfrankos mène les assemblages du Bikavér d'Eger — la même variété sous deux drapeaux, séparée par les frontières du XXe siècle. La révolution qualitative autrichienne d'après 1985 donna au Burgenland ses domaines modernes, et au blaufränkisch sa place parmi les grands rouges mi-corsés d'Europe.