À l'embouchure de la Loire, le melon de Bourgogne fut replanté en masse après le terrible gel de 1709, qui détruisit les vignobles anciens ; on le choisit pour alimenter le négoce hollandais de vins blancs et d'eaux-de-vie. Sa trame neutre devint un atout : le muscadet exprime la méthode et le lieu — citron, coquillage, levure — plutôt que le parfum.
Sa signature est l'élevage sur lie : un hiver sur lies fines, souvent en cuves souterraines vitrifiées, puis une mise directe qui conserve un perlant de gaz carbonique dissous. Longtemps cantonné au rôle de vin bon marché du plateau de fruits de mer, le muscadet a changé de statut avec ses crus communaux — Clisson, Gorges et leurs voisins — où vieilles vignes et longs élevages donnent des blancs d'une profondeur et d'une garde inattendues.