Le rouge emblématique de la Sicile tient son nom de la ville d'Avola, au sud-est de l'île, où le raisin mûrit depuis longtemps, noir et doux, dans la chaleur méditerranéenne. Pendant un siècle environ, son destin fut l'anonymat : il quittait l'île en vrac, expédié vers le nord pour foncer et renforcer des vins plus maigres à travers l'Europe, son nom perdu quelque part sur le quai.
Le tournant de la mise en bouteille à la propriété, dans les années 1990, lui rendit son nom. Les maisons siciliennes se mirent à traiter le nero d'avola comme un cépage à signer plutôt qu'une matière à pomper, et sa prune noire, sa caroube et ses herbes douces trouvèrent un public international. Dans le cerasuolo di Vittoria — seule DOCG de l'île — il s'adoucit en parfum aux côtés du frappato, preuve que le cheval de trait sicilien avait toujours été un pur-sang.