Le tokaji aszú naît de baies de furmint flétries une à une par la pourriture noble, cueillies grain par grain dans des hottes et mesurées en puttonyos, puis macérées dans un vin de base pour en tirer l'essence concentrée. La méthode est ancienne : l'aszú apparaît dans des sources des XVIe et XVIIe siècles, les vignobles furent classés dès 1730, et un décret royal ferma les limites de la région en 1737 — un siècle avant le 1855 bordelais.
Sa célébrité de cour fut sans égale. « Vinum regum, rex vinorum » — vin des rois, roi des vins — répétait-on à Versailles, et les tsars entretenaient un détachement de cosaques dans la région pour escorter leur approvisionnement. Abricot, miel et safran sur une acidité électrique : l'aszú compte parmi les vins de plus longue garde qui soient.