C'est le « vin noir » médiéval du Lot — si sombre et si résistant que l'Angleterre le taxait pour lui-même, tandis que les intermédiaires bordelais étranglaient son passage vers l'aval par les privilèges de la police des vins. Le malbec est ici chez lui : le cépage s'appelle côt, et son histoire sur ces causses calcaires et ces terrasses de rivière précède de loin sa gloire argentine.
L'appellation faillit mourir deux fois — le phylloxéra rasa le vignoble à la fin du XIXe siècle, et le grand gel de 1956 acheva une large part de ce qui avait été replanté. Sa renaissance doit un peu à un miroir inattendu : quand Mendoza porta le malbec à la célébrité mondiale, le prestige rejaillit sur l'appellation mère, et Cahors fit de la patrie du cépage son meilleur argument.