Avant le merlot, il y avait le malbec. Sous le nom de « noir de Pressac » sur la rive droite et de « côt » vers le haut-pays, il comptait parmi les cépages noirs les plus plantés du Bordeaux d'avant-phylloxéra — le cœur sombre et charnu de l'assemblage du XIXe siècle, prisé pour sa profondeur de « vin noir ».
Son histoire bordelaise s'achève presque brutalement : le phylloxéra, puis le gel de février 1956, tuent les vieilles vignes, et l'on replante le merlot, son demi-frère par la magdeleine noire, plus facile et plus précoce. Quelques centaines d'hectares survivent, surtout en Blaye et Bourg, tandis que le cépage règne en exil sur les hauteurs de Mendoza, en Argentine.