La « côte rôtie » se dresse presque à pic au-dessus du Rhône à Ampuis, face à la Vienne romaine, dont Pline vantait déjà le vinum picatum au premier siècle. Les terrasses sont si raides que tout — raisins, terre redescendue par les orages, vigneron lui-même — se porte à dos d'homme. La légende nomme les deux grands coteaux, Brune et Blonde, d'après les deux filles d'un seigneur, l'une brune, l'autre blonde.
La syrah y est co-fermentée avec un souffle de viognier — l'appellation en admet un cinquième, la pratique bien moins — qui fixe la couleur et donne le parfum : violette, olive noire, viande fumée. Presque abandonnée dans les années 1970, quand les terrasses ne payaient plus leur peine, la Côte-Rôtie fut ressuscitée en une génération jusqu'à la renommée mondiale.