La retsina est la mémoire de l'amphore. Les jarres antiques étaient scellées à la résine de pin d'Alep contre l'air et l'altération, et les Grecs prirent goût à ce que le scellé laissait au vin ; quand vinrent de meilleurs récipients, la saveur resta, à la demande. C'est toujours le seul vin au monde aromatisé à la résine par la loi, le pin ajouté à dessein au moût en fermentation.
Elle fut des décennies durant le cliché des tavernes — rude, bon marché, servie sur glace aux touristes — jusqu'à ce qu'une nouvelle vague la reprenne au sérieux : savatiano de vieilles vignes d'Attique, élevage en fût, main plus légère sur la résine. Pin, citron, mastic et air marin, et derrière eux l'une des plus longues continuités du vin : un conservateur qui survécut à son usage pour devenir un goût.