Le style moderne de la Rioja est un don de la catastrophe. Quand l'oïdium puis le phylloxéra ruinèrent le vignoble français, le négoce bordelais franchit les Pyrénées en quête de vin — et des pionniers comme le marquis de Murrieta (1852) et le marquis de Riscal (1858) avaient déjà rapporté la barrique chez eux. Le tempranillo aima le bois, le chêne américain surtout, bon marché par le commerce atlantique, et sa douceur de vanille et de coco devint la signature de la région.
La Rioja classe le temps, non la terre : crianza, reserva, gran reserva comptent les années de fût et de bouteille, la bodega ne livrant le vin que prêt à boire — la dernière région au monde à vieillir en grand à votre place.