Très tardive — après le cabernet sauvignon ; en sous-maturité, la pointe végétale demeure
Feuille
Moyen, orbiculaire, à cinq lobes ; vire au cramoisi spectaculaire à l'automne
Grappe
Petite à moyenne, conique, lâche — nouaison capricieuse
Baie
Petite, sphérique, noir bleuté sous la pruine ; pellicule épaisse
Le carménère est le cépage perdu de Bordeaux. Fils du cabernet franc et du gros cabernet, il fut un pilier du Médoc d'avant le phylloxéra sous le nom de grande vidure — mais sa nouaison capricieuse dans les printemps frais fit qu'à la reconstitution du vignoble, après les années 1860, on l'abandonna sans bruit.
Il s'était déjà échappé. Des boutures expédiées au Chili dans les années 1850, étiquetées merlot, prospérèrent plus d'un siècle dans la vallée Centrale sous un faux nom, jusqu'à ce que l'ampélographe Jean-Michel Boursiquot, parcourant une parcelle de « merlot » le 24 novembre 1994, reconnaisse l'imposteur. Le Chili a fait de l'enfant trouvé sa signature : feuilles cramoisies à l'automne, épice et prune noire, et une pointe végétale s'il n'est pas cueilli pleinement mûr.
Dans l'assemblage
Part de ce cépage dans un assemblage type de chaque vin