L'aînée parfumée du trio blanc, documentée à Bordeaux depuis des siècles sous des noms comme « Guillan » — et, malgré la consonance, sans aucune parenté avec les muscats : ce parfum musqué de fleur et de raisin n'appartient qu'à elle. Elle demande peu de terre et donne un envol capiteux de jasmin et de chèvrefeuille qu'aucun autre blanc bordelais ne sait imiter.
Elle est aussi difficile — vigoureuse, sensible à la pourriture, irrégulière — et le vignoble moderne a peu de patience pour la difficulté : il en reste quelques centaines d'hectares, qui relèvent les liquoreux à cinq ou dix pourcents et quelques assemblages secs de l'Entre-deux-Mers. Une épice en voie de disparition, sauvée par la différence qu'elle fait.