Le bourreau de travail médiéval que tous méprisaient et dont nul ne pouvait se passer. Le gouais blanc — le heunisch allemand — était le blanc productif et acide de la vigne paysanne, si ordinaire que les seigneurs tentèrent maintes fois de l'interdire au profit de cépages plus nobles. Il poussait pourtant partout aux côtés du pinot, et ce hasard de voisinage en a fait l'un des parents les plus importants de l'histoire du vin.
L'ADN a montré que le gouais blanc croisé au pinot donna, entre autres, le chardonnay, le gamay, l'aligoté et le melon de Bourgogne, et que sa descendance plus large compte le riesling et le furmint — bien plus d'une douzaine des cépages d'Europe descendent de cette vigne dédaignée. Presque disparu du vignoble aujourd'hui, maintenu surtout en collection, il est la racine modeste d'une part étonnante de la carte des grands vins.