Le riesling est le grand cépage du Rhin, mentionné pour la première fois dans un registre de cave de Rüsselsheim en 1435 et rattaché par l'ADN à l'omniprésent gouais blanc. Tardif, au bois remarquablement résistant au gel, il s'accroche aux pentes schisteuses abruptes de la Moselle, dont il reflète le terroir avec une transparence qu'aucun autre blanc n'égale — chaque nuance de sol et de coteau se lit dans le verre.
Il parcourt tout l'éventail des sucres, du kabinett sec et aérien au nectar botrytisé de la trockenbeerenauslese, toujours tenu par une colonne d'acidité vive. Avec l'âge, il développe la fameuse note de « pétrole », due à la molécule TDN. Au XIXe siècle, les plus grands rieslings du Rhin se vendaient plus cher que les premiers crus de Bordeaux — rappel que c'était là, et non dans un rouge, que l'Allemagne prétendait au sommet du vin.